COMMENT RELANCE NOTRE FOOTBALL ELITE?

 Pour relancer notre football d’élite, il faut dissoudre les Ligue 1 et Ligue 2.

Depuis 2011, soit huit ans déjà que le football d’élite camerounais n’a de professionnel que le nom : une ligue non structurée et aux mains de néophytes, des clubs encore dans une organisation amateur avec une gestion uni-personnelle, un cahier de charges jamais respecté, des sponsors pas satisfaits et qui claquent la porte, des joueurs et entraîneurs dont les salaires de misère ne sont pas payés, une gestion artisanale des compétitions, une minable trésorerie dépendante des subventions de l’Etat, une médiatisation à la baisse, un suivi laxiste et complice des dirigeants du football, bref tout ce qu’il ne faut pas pour parler véritablement d’un football professionnel.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, on assiste en ce début 2019, à un suicide programmé de ce qui reste de ce concept presqu’imposé par la FIFA, avec des querelles de chiffonniers indécents entre les gestionnaires de la Ligue et les clubs, lesquelles querelles maintiennent les joueurs qu’on veut pourtant vendre, au chômage. Car comment comprendre qu’une ligue appartenant aux clubs, soit atomisée par ces mêmes clubs qui n’ont malheureusement pas de fonds propres, et qui arrivent difficilement à survivre avec les miettes que leur jette le gouvernement-mécène, lequel a depuis longtemps montré que le sport n’était pas sa priorité, malgré la honteuse récupération des victoires.

Faut-il aller à l’école supérieure pour comprendre que c’est faire des acrobaties à haut risque, que de vouloir continuer à maintenir en vie deux compétitions de 18 et 15 clubs, dans un climat économique morose, où de potentiels sponsors de notre football, qui jadis avaient pignon sur rue, sont en train de survivre ou tout simplement de fermer.

COMMENT RELANCER NOTRE FOOTBALL D’ELITE ?

        Dans la vie de toute structure, il suffit souvent d’un tout petit incident pour déclencher le déclic d’une profonde restructuration positive. Et la crise actuelle à la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (LFPC) nous donne l’occasion, au-delà de petits arrangements qui vont être négociés à la Fecafoot, au Ministère des Sports, et bientôt au premier ministère, de dire sans embage, qu’il est temps de trouver une solution pour une reforme efficace, technique et financière des compétitions de la LFPC, donc du football d’élite camerounais. Il est en effet temps de relancer le football camerounais qui, depuis 1981, n’a plus gagné de trophée continental, nos clubs se faisant plus souvent éliminer aux préliminaires par des no-name. Et comment relancer ce football ? Par des décisions fortes, pour d’autres formes de compétitions plus relevées.

LIGUE 1 A 20 ET LIGUE 2 A 16 CLUBS : UN PROJET SUICIDAIRE

     Selon les dernières décisions du président de la LFPC, la saison prochaine aura 20 clubs en Ligue 1 et 16 clubs en Ligue 2. Pour que ces championnats soient assez compétitifs avec des clubs bien structurés, il faudrait verser, au-delà des promesses fallacieuses, au moins 100 millions à chacun des 20 clubs de Ligue 1 et 50 millions à chacun des 16 clubs de Ligue 2. Et si on y ajoute les frais de fonctionnement de la Ligue avec la gestion de ces deux championnats, on se retrouve avec un chiffre de 3,5 milliards de nos francs par saison. Où la LFPC trouvera-t-elle cette somme dans un pays qui va de plan d’urgence en plan d’urgence ? D’aucuns parleraient de la fuite en avant.

DES ZONALES EN AMATEUR, POUR UN SUPER CHAMPIONNAT PROFESSIONNEL DE DIX CLUBS

       Nous sommes d’accord que la subvention actuelle de l’Etat, ajoutée à celle de la Fecafoot, ne résout pas les problèmes financiers des clubs obligés, pour celle du Grand Nord par exemple, de supporter les charges de 15 déplacements au moins vers le Grand Sud. Il faut donc réduire ces charges. Comment ? En prenant deux résolutions fortes : la première, de dissoudre les deux championnats de Ligue 1 et Ligue 2 en fin de l’actuelle saison, et la seconde, de créer des championnats en cinq zones (Extrême Nord et Nord, Adamaoua et Est, Centre et Sud, Littoral et Sud-Ouest, Ouest et Nord-Ouest), de 16 clubs chacun, répartis en deux sous-poules de 8, et composés des clubs de Ligue 1 et Ligue 2, complétés éventuellement, pour certaines zones, par les meilleurs clubs des Ligues régionales.

En zonales, les clubs sont amateurs et supportent eux-mêmes leurs charges. Seuls ne reçoivent des subventions que ceux qualifiés pour le super championnat national professionnel composé des deux premiers clubs de chaque zone. Le premier super championnat ferait donc une sélection normale des meilleurs clubs du pays.

Avec 16 matches en championnat de zone, 18 en super championnat national professionnel, 7 en Coupe du Cameroun pour les finalistes et 5 matches pour les finalistes de la Coupe de la Ligue, les joueurs des meilleures équipes comptent 46 matches dans les jambes, selon les normes CAF.

Cette réforme est plus économique pour les clubs lors des zonales qui boosteraient le football amateur dans les régions défavorisées, avec des championnats plus compétitifs, et l’enveloppe des subventions plus épaisse pour chacun des dix clubs du championnat professionnel, lequel vendrait les droits TV, sans oublier d’autres volets de la compétition comme les équipements sportifs et autres.

Cette proposition, parmi tant d’autres, est notre modeste contribution apportée au chantier de la reconstruction du football camerounais.

Atangana Fouda, Journaliste

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